Bulletin Cassiopée – Solstice d'hiver 2018
- reneehlozek
- 11 sept. 2025
- 38 min de lecture

Date : 20 décembre 2018
Dans ce numéro :
Rapport du président
Questions ALMA
Nouvelles du bureau canadien Gemini
Mise à jour du CATAC
Annonce de l'école d'été du CRAQ
Rapport du Comité pour l'équité et l'inclusion (CIE)
Mise à jour du JCMT
Rapport du LRPIC
Mise à jour du Maunakea Spectroscopic Explorer (MSE)
Actualités du CNRC Herzberg
Résumé de l'atelier « L'avenir de l'astronomie spatiale au Canada »
Thèse : Des nuages moléculaires à grande échelle aux filaments et aux noyaux : dévoiler le rôle des champs magnétiques dans la formation des étoiles
Rédactrice en chef : Joanne Rosvick
Cassiopée est la newsletter trimestrielle de la CASCA, publiée aux solstices et aux équinoxes (21 mars, 21 juin, 21 septembre et 21 décembre).
Pour soumettre une contribution, veuillez envoyer un courriel à cassiopeia.editors@gmail.com . Toutes les contributions doivent être reçues avant la date limite (généralement deux semaines avant la publication) pour être publiées dans la prochaine édition. J'accepte les documents texte brut et Word. Veuillez noter que la mise en forme de votre document ne sera pas conservée. Veuillez joindre les images à votre courriel, sans les incorporer dans le texte. Veuillez indiquer les URL entre parenthèses à côté du mot ou de la phrase que vous souhaitez utiliser comme ancre de lien.
Rapport du président
Par Rob Thacker (président de la CASCA) (Cassiopeia – Hiver 2018)
Chers membres de la CASCA,
Comme vous l'avez sans doute constaté, ces derniers mois ont été très chargés pour la CASCA, et ce, sur de nombreux fronts ! Je tiens tout d'abord à remercier James Di Francesco, Jennifer West et Susan Di Francesco pour leur travail considérable, non seulement pour le changement de nos serveurs d'hébergement, mais aussi pour l'amélioration de nos procédures de suivi des adhésions et de paiement. Malgré quelques petits problèmes de démarrage, je suis heureux d'annoncer que la migration est désormais terminée. Pour plusieurs raisons, notre hébergement a dû être modifié, mais la plus grande avancée réside dans le fait que nous disposons désormais de données démographiques (fournies volontairement) sur nos membres, qui peuvent être utilisées dans le cadre du LRP2020 et pour d'autres mécanismes de reporting. Si vous croisez James ou Jennifer, n'hésitez pas à me les transmettre pour leur remercier !
Le conseil d'administration de la CASCA a également adopté une fréquence de réunions mensuelles, plutôt que trimestrielles comme c'était la tradition depuis de nombreuses années. Nous espérons que cela contribuera à accélérer le traitement des dossiers importants. Comme beaucoup d'entre vous l'imaginent sans doute, la difficulté de la gestion de la CASCA réside dans la charge de travail relativement inégale au cours de l'année, avec des périodes d'activité intense et d'autres de calme relatif. Jusqu'à présent, je suis heureux de constater que le passage à des réunions mensuelles semble s'avérer bénéfique à plusieurs égards.
Ces derniers mois, j'ai reçu plusieurs demandes pour que la CASCA adopte une approche davantage axée sur les projets et les processus, compte tenu de sa croissance, qui compte désormais plus de 500 membres. En bref, nous évoluons dans cette direction. Cependant, je tiens à rappeler que la CASCA est en grande partie une organisation bénévole, dont de nombreux membres sont très occupés, et qu'il existe des limites à ce qui peut être accompli au sein d'une organisation de cette nature. Comme toujours, je tiens à remercier sincèrement tous les membres et le personnel de la CASCA pour leurs efforts qui contribuent au bon fonctionnement de la Société et à la poursuite de nos objectifs. Nous ne pouvons tout simplement pas fonctionner sans votre contribution !
J'aimerais également souligner deux points qui ne relèvent pas de la CASCA. Premièrement, la nomination de Sarah Gallagher au poste de conseillère scientifique à l'Agence spatiale canadienne. Il s'agit d'un progrès considérable pour les conseils scientifiques au Canada. Je vous demanderais, avec un peu d'insolence, d'être bienveillants envers Sarah et de ne pas la submerger de conseils sur ce qu'elle doit faire ! Plus sérieusement, j'ai vraiment hâte de travailler avec Sarah dans ses nouvelles fonctions et, si l'on en croit les recommandations récemment publiées par le Comité permanent des finances, les politiques évoluent dans la bonne direction. Deuxièmement, j'aimerais souligner la nomination de Luc Simard au poste de directeur général de Herzberg.
Ayant travaillé avec Luc au fil des ans, je suis certain qu'il s'investira pleinement dans ce rôle et apportera son énergie et son expertise caractéristiques. Herzberg est entre de bonnes mains pour l'avenir ! Je tiens également à remercier Greg Fahlman, non seulement pour ses nombreuses années de service, récompensées par le Prix de la direction cette année, mais aussi pour son soutien continu à Herzberg à titre de consultant. Grâce au nouveau conseil consultatif de Herzberg, je me réjouis de voir les liens entre Herzberg et la communauté astronomique canadienne se renforcer. C'est un élément clé du succès de notre communauté !
Assemblée générale annuelle 2019 et au-delà
Les préparatifs pour la réunion de Montréal avancent bien et la vice-présidente de la CASCA, Sara Ellison, est en contact régulier avec le comité local d'organisation (CLO), dirigé par Daryl Haggard et Nick Cowan, coprésidents. Je me réjouis à l'idée d'une réunion passionnante et dynamique en juin (du 17 au 21) ! Sara a également hâte de commencer à identifier les lieux potentiels pour la CASCA 2021 et 2022. Ayant moi-même coorganisé une AGA, je dirais qu'il y a des avantages considérables à se porter volontaire pour accueillir la réunion dès le début. Si votre service est intéressé par une telle éventualité, n'hésitez pas à faciliter la tâche de Sara en lui envoyant un courriel !
LRP2020
Le LRP2020 a occupé une place importante ces derniers mois, tant pour moi que pour le conseil d'administration de la CASCA. Je suis heureux d'annoncer que les coprésidents du LRP2020 sont désormais désignés et, espérons-le, nous aurons fait une annonce via l'Explorer d'ici la publication de cette newsletter. La décision de nommer des coprésidents pour le LRP2020 fait écho à celle de Fiona Harrison et Rob Kennicutt comme coprésidents pour US Astro2020, bien que les deux décisions d'utiliser cette structure aient été prises indépendamment.
Établir le cadre approprié pour le PLT 2020 est une tâche étonnamment délicate. Nous avons beaucoup appris des PLT précédents et je sais que certains souhaiteraient un document plus structuré présentant différents scénarios de financement et les stratégies associées. Je suis favorable à cette idée, mais des défis au Canada rendent cette approche difficile. Premièrement, le PLT n'a pas de statut officiel au sein du gouvernement, même si nous sommes ravis que le CNRC continue de l'utiliser pour établir la feuille de route des priorités du HAA, et que les organismes accordent une attention particulière à ses recommandations. Deuxièmement, nous ne disposons pas des ressources nécessaires pour établir des coûts détaillés. Les budgets constituent toujours un aspect complexe de notre PLT. Enfin, après le PLT 2010, nous avons mis en place le Comité de mise en œuvre du PLT pour gérer les problèmes survenant après sa publication. À mon avis, cette stratégie s'est avérée efficace, même si l'appellation « Comité de mise en œuvre » est peut-être quelque peu trompeuse, car ce comité n'a aucun mandat de mise en œuvre ; il ne peut que formuler des recommandations.
Les points ci-dessus, ainsi que plusieurs autres, ont été soigneusement étudiés lors de la préparation du mandat du LRP2020. Après consultation des coprésidents, nous avons conservé une forme similaire à celle du LRP2010 : le LRP consiste essentiellement en une révision suivie d'un exercice de priorisation, mais avec des mises à jour pour tenir compte de certains changements clés. La version révisée est actuellement examinée par le conseil d'administration de la CASCA ; une fois cette étape terminée, nous annoncerons la nomination des coprésidents et le mandat. La date de publication finale est prévue pour fin 2020, quelques mois après Astro2020.
Certains d'entre vous ignorent peut-être que le coût total de production du LRP s'élève à plusieurs dizaines de milliers de dollars, une fois inclus les frais de scolarité, les déplacements et la préparation des rapports. Je suis heureux de remercier l'ACURA d'avoir une fois de plus soutenu le LRP en organisant deux programmes de bourses d'enseignement. Ces bourses sont essentielles pour permettre aux coprésidents de donner le meilleur d'eux-mêmes au processus. Je suis également heureux d'annoncer que j'ai eu des discussions préliminaires avec le CNRC, le CRSNG et l'ASC concernant le soutien au LRP2020 et je suis convaincu que nous recevrons à nouveau le soutien nécessaire.
Activités de la coalition
La Coalition pour l'astronomie canadienne a également été très active ces derniers mois. Comme toujours, je tiens à remercier les coprésidents de la Coalition, Don Brooks (ACURA) et Guy Nelson (Empire Dynamic Structures), pour leur engagement continu à faire progresser l'astronomie canadienne, ainsi que notre consultant Duncan Rayner pour son expertise. Duncan a également participé à l'atelier d'astronomie spatiale de Montréal et a présenté une présentation sur le fonctionnement du gouvernement afin d'aider notre communauté à mieux comprendre les stratégies de communication et de lobbying.
Dans la foulée des visites effectuées à Ottawa au cours de l’été, je suis très heureux d’informer tout le monde que notre visite à Ottawa à la fin novembre pour rencontrer des membres du gouvernement a été un grand succès !
Pour cette visite, nous avons opté pour une formule consistant à rencontrer le plus grand nombre possible de membres du gouvernement, ce qui impliquait des réunions simultanées sur une même journée. Une approche similaire avait été utilisée il y a plus de dix ans par la Coalition pour mieux faire connaître le PLR. Afin d'assurer une présence sur le terrain aussi impressionnante que possible, nous avons été rejoints par Emily Deibert (Université de Toronto), René Doyon (Université de Montréal), Renée Hložek (Université de Toronto), Laura Parker (Université McMaster) et Nathalie Ouellette (Université de Montréal). Je tiens à les remercier tous d'avoir consacré une journée à cette importante partie de nos efforts de sensibilisation, malgré leur emploi du temps chargé. Présenter la diversité de notre communauté a eu un impact considérable et nous a permis d'apprendre plusieurs détails importants en prévision du prochain budget.
Nous avons pris le temps d'évoquer le TMT et son avancement. Comme beaucoup d'entre vous le savent, le CATAC a joué un rôle très actif et internationalement reconnu dans les discussions sur le projet. Suite aux décisions de la Cour suprême d'Hawaï cet automne, Michael Balogh a de nouveau été sollicité par la presse internationale pour des déclarations. Les représentants du gouvernement ont posé des questions sur l'avancement du projet et Don Brooks, en tant que membre du conseil d'administration du TMT, a pu faire le point sur la situation.
Nous avons également longuement parlé d'astronomie spatiale et de l'avenir des sciences spatiales en général. Nombre d'entre vous ont sans doute vu les publicités de la campagne #DontLetGoCanada sur les médias sociaux (financées principalement par MDA). Le consortium d'entreprises et d'organisations impliquées demande au Canada d'élaborer un nouveau plan spatial à long terme (PSLT), à l'image des plans élaborés par les gouvernements libéraux dans les années 1990. La CASCA soutient #DontLetGoCanada et a ajouté son logo à son site web. Nous soutenons fermement l'objectif principal de la campagne, à savoir la création d'un nouveau PSLT. Grâce à une vaste campagne publicitaire à Ottawa (dont des publicités sur plus de 250 autobus !), l'investissement spatial est désormais reconnu comme un enjeu par le gouvernement et nous espérons sincèrement assister à un changement de politique important en matière de financement spatial en 2019.
La Coalition a également communiqué avec le gouvernement lors de ses consultations prébudgétaires. Notre message reste le même que les années précédentes : le Canada a besoin d’un processus officiel qui évite le lobbying inutile requis pour les projets de « grande science ». Nous avons été heureux d’entendre le point de vue du gouvernement sur cette préoccupation et d’entendre qu’il pourrait mettre en place des processus pour améliorer la situation. Comme toujours, il faudra attendre de voir ce qui se passera. Le coût élevé des grandes infrastructures signifie que tout fonds visant à répondre à ces préoccupations nécessiterait des ressources financières importantes. Notre deuxième recommandation portait sur le financement des sciences spatiales, et nous avons réitéré la demande de financement présentée dans le livre blanc sur l’exploration spatiale (Caiazzo et al., 2017).
Autres activités de planification communautaire
Les deux ateliers communautaires organisés cet automne, la réunion sur l'astronomie à grand champ au Canada à Waterloo et la réunion sur l'avenir de l'astronomie spatiale à Montréal, ont tous deux été un franc succès et vous trouverez des comptes rendus dans ce bulletin. Il est clair que ces réunions servent non seulement à mettre en lumière les opportunités, mais aussi à mettre en évidence les principaux obstacles politiques ou organisationnels. À titre personnel, j'ai également été heureux de pouvoir aider la communauté, en particulier les étudiants diplômés et les nouveaux professeurs, à comprendre les enjeux des précédents PLT dont nous devrions tirer des enseignements. Un grand merci à tous les organisateurs et participants pour avoir permis la tenue de ces événements importants, et nous espérons en tirer parti tout au long du processus du PLT !
Pour conclure, je tiens à remercier à nouveau notre rédactrice en chef Joanne Rosvick pour son engagement continu dans la production de Cassiopeia ! Je vous souhaite également de joyeuses fêtes et une année 2019 productive et passionnante !
Voler
Questions ALMA

AL
Par Gerald Schieven (ALMA)
(Cassiopée – Hiver 2018)
La campagne ALMA offre des vues inédites sur la naissance des planètes
La publication en 2014 de la spectaculaire image ALMA des anneaux du disque protoplanétaire autour de HL Tau a révolutionné l'étude de la formation planétaire. Une équipe internationale dirigée par S. Andrews du CfA vient d'annoncer que ce type de structure est la règle plutôt que l'exception. Leur programme ALMA Large (cycle 4) a cartographié 20 disques protoplanétaires proches (voir image), et les résultats viennent d'être publiés dans une série de dix articles à paraître dans ApJLetters. Pour le communiqué de presse complet, voir ALMA-campaign-provides-unprecedented-views-of-the-birth-of-planets .

Études du développement du cycle 7 de l'ALMA
Vous êtes invité à soumettre une proposition d'étude au programme de développement du cycle 7 d'ALMA Amérique du Nord. Le plan d'exploitation d'ALMA prévoit un programme international continu de développement et de mises à niveau pouvant inclure du matériel, des logiciels ou des outils d'analyse de données. Grâce à un investissement modeste, ALMA continuera de mener la recherche astronomique tout au long de la décennie en cours et au-delà. L'appel à propositions est ouvert au Partenariat d'exploitation d'ALMA Amérique du Nord, défini comme la communauté d'astronomes et de scientifiques des pays partenaires d'ALMA en Amérique du Nord (dont le Canada). Des études générales (financées pour un an à hauteur de 200 000 $ US par bourse) seront financées dans le cadre de cet appel. Les propositions peuvent être soumises jusqu'au 1er mai 2019. Nous encourageons également les chercheurs principaux potentiels à soumettre des avis d'intention (date limite : 15 mars 2019), suivis de propositions d'étude. Pour plus de détails, veuillez consulter ici .
Dans l'actualité
Communiqués de presse de l'ALMA en 2018 impliquant des Canadiens :
Fontaine galactique vue dans toute sa splendeur , BR McNamara, AN Vantyghem (Université de Waterloo) ; CP O'Dea, SA Baum (Université du Manitoba)
Des vents violents éteignent une formation d'étoiles semblable à un feu de forêt dans une galaxie lointaine , SC Chapman, TB Miller (Dalhousie) ; M. Cunningham (St Mary's)
ALMA découvre des structures passionnantes dans un jeune disque protoplanétaire qui soutiennent la formation de planètes , R. Dong (UVictoria)
ALMA et le VLT découvrent trop d'étoiles massives dans les galaxies à sursauts d'étoiles, proches et lointaines , V. Hénault-Brunet (NRC Herzberg)
Mégafusions de galaxies anciennes , T. Miller, SC Chapman, R. Perry, KM Rotermund (Dalhousie) ; A. Babul (UVictoria) ; DJM Cunningham (St Mary's) ; K. Lacaille (McMaster) ; E. Pass (UWaterloo) ; D. Scott (UBC)
Nouveaux horizons dans les systèmes planétaires
Les inscriptions sont désormais ouvertes pour la conférence « Nouveaux horizons dans les systèmes planétaires », qui se tiendra à Victoria du 13 au 17 mai 2019. L'inscription et plus d'informations sont disponibles ici .
La réunion est prévue pour avoir un large champ d'application, incluant les systèmes planétaires en formation au sein des disques protoplanétaires, les objets mineurs du système solaire, les disques de débris et les exoplanètes. Des experts seront invités à apporter leurs éclairages dans tous ces domaines afin d'améliorer notre compréhension de la formation et de l'évolution des planètes. Bien que coorganisée par la NRAO et le groupe d'astronomie millimétrique Herzberg du CNRC, la réunion n'est pas centrée sur ALMA et se concentre principalement sur l'impact du survol d'un KBO par la mission New Horizons en janvier 2019. Des experts de TESS et d'autres installations seront également invités à présenter une vision multichromatique des connaissances actuelles dans leurs domaines respectifs. Les intervenants invités ont été invités à proposer des exposés largement accessibles.
Les conférenciers invités confirmés comprennent :
Diana Dragomir (MIT Kavli Inst) : Premiers résultats de la mission TESS
Brett Gladman (UBC) : théorie de la formation des planètes
Grant Kennedy (U Warwick) : contraintes des disques de débris sur la formation des planètes
Heather Knutson (Caltech) : composition atmosphérique des exoplanètes
Emmanuel Lellouch (Observatoire de Paris) : objets du système solaire, contraintes sur la formation
Karin Öberg (Harvard U) : composition et chimie du disque protoplanétaire
John Spencer (SWRI) : Survol du KBO New Horizons : premiers résultats
Zhaohuan Zhu (UNLV) : structure du disque protoplanétaire
Nous organiserons également une conférence publique sur New Horizons par Kelsi Singer (SWRI), scientifique adjointe de mission.
Le nombre de participants est limité, alors inscrivez-vous dès aujourd'hui .
Nouvelles du bureau canadien Gemini
Par Stéphanie Côté (CGO, CNRC Herzberg / OGC, CNRC Herzberg)
(Cassiopée – Hiver 2018)
Gemini reçoit un généreux prix NSF
Mi-septembre, la National Science Foundation (NSF) a publié un communiqué de presse annonçant l'octroi d'une importante subvention de plusieurs millions de dollars à l'observatoire Gemini afin de « renforcer son rôle à l'ère de l'astronomie multi-messagers et des futures installations comme le télescope spatial James Webb ». La proposition retenue comprenait quatre projets. La majeure partie de cette nouvelle subvention financera le développement d'un système avancé d'observation optique multi-conjuguée pour Gemini-Nord. Il s'agit d'une excellente nouvelle pour la communauté canadienne, qui manifeste un vif intérêt pour une telle installation sur Gemini-Nord depuis de nombreuses années déjà. Cette nouvelle installation renforcera notamment considérablement l'impact du futur spectrographe infrarouge multi-objets Gemini (GIRMOS), développé au Canada par une équipe dirigée par Suresh Sivanandam (Institut Dunlap).
Une autre partie du prix servira à l'acquisition de nouveaux ordinateurs temps réel pour prendre en charge ce nouveau système AO Nord et le système GeMS existant. Une autre partie servira également au développement de logiciels visant à optimiser Gemini pour l'astronomie multi-messagers et le suivi des observations transitoires, notamment des systèmes automatisés permettant de déclencher des observations de suivi quelques minutes après la découverte, mais aussi de fournir aux astronomes des données scientifiques exploitables grâce à des pipelines de traitement automatisé des données. Ces pipelines, attendus depuis longtemps par nos utilisateurs, bénéficieront également à tous les utilisateurs, quel que soit le domaine d'observation. Enfin, une petite partie du prix servira à renforcer les actions de sensibilisation du public afin de mieux informer les journalistes et le public, notamment sur l'astronomie multi-messagers.
Point d'évaluation Gemini 2018
Nous tenons à remercier le comité canadien d'évaluation des points Gemini, présidé par Sarah Gallagher (UWO) et composé d'Étienne Artigau (U de Montréal), J.J. Kavelaars (CNRC), Samar Safi-Harb (U du Manitoba) et Locke Spencer (U de Lethbridge), pour sa participation à cet examen de l'impact de Gemini au Canada et des perspectives d'avenir pour les Canadiens, pour avoir organisé une vaste consultation auprès de la communauté dans le cadre de ce processus et pour avoir produit un rapport final très bien structuré et argumenté. Ce rapport a été soumis au CNRC et sa recommandation de poursuivre le partenariat Gemini avec le Canada, avec le même niveau de participation, a été approuvée par le président du CNRC, Iain Stewart, à la mi-novembre, juste à temps pour être présentée officiellement lors de la réunion du conseil d'administration de Gemini de novembre 2018.
Dans le cadre de ce processus d'évaluation, le CGO a pu compiler des statistiques sur tous les aspects de l'utilisation canadienne des télescopes Gemini au cours des dix dernières années. Nous avons découvert de nombreuses réussites de nos utilisateurs canadiens dont ils peuvent tous être fiers, notamment :
L’impact moyen des articles canadiens sur Gemini publiés entre 2009 et 2015 est plus élevé que celui de tous les autres articles sur les télescopes terrestres, y compris les articles de Keck.
De 2009 à 2017, les Canadiens ont contribué (en tant qu’auteurs principaux ou coauteurs) à près de la moitié (46 %) de tous les communiqués de presse scientifiques de l’Observatoire Gemini.
Il existe maintenant plus de 72 thèses de maîtrise et de doctorat canadiennes basées sur les données de Gemini, ce qui est plus que celles de tout autre télescope auquel les Canadiens ont accès.
Félicitations à tous nos utilisateurs canadiens qui ont contribué d'une manière ou d'une autre à ces statistiques exceptionnelles. Nous tenons également à remercier tous ceux qui ont exprimé leur soutien et leur intérêt pour Gemini lors du sondage et de la réunion Webex du panel d'évaluation des points Gemini. Nous espérons que notre partenariat avec Gemini sera fructueux pendant de nombreuses années encore !
Appel à propositions pour les programmes de grande et longue durée 2019
L'appel à propositions pour les programmes Gemini Large et Long 2019 a été publié. Les lettres d'intention doivent être soumises le 4 février 2019 et les propositions finales le 1er avril 2019. Veuillez consulter l' appel à propositions pour connaître le temps disponible pour les LLP pour chacun des six semestres suivants. Tous les instruments actuels sont disponibles pour cet appel, à l'exception de GPI, qui ne sera plus proposé aux LLP (mais le sera pour les propositions régulières en 2019B et 2020A, jusqu'à l'arrivée de GHOST à Gemini-Sud). Les instruments visiteurs GRACES et 'Alopeke sont également proposés aux LLP sur Gemini-Nord. Veuillez noter que les chercheurs principaux sont également invités à soumettre des propositions pour les programmes intensifs Subaru à Gemini via le programme d'échange de temps Gemini-Subaru. Les candidatures aux programmes intensifs Subaru suivent les mêmes règles et conditions d'éligibilité que celles des LLP Gemini. Notez qu'une proposition peut inclure à la fois un composant Gemini et un composant Subaru.
Communiqués de presse canadiens Gemini
Si vous pensez que l'article que vous finalisez mériterait un communiqué de presse, veuillez communiquer avec le Bureau d'information et de sensibilisation du public de Gemini. Envoyez-leur simplement une ébauche de l'article et ils étudieront la meilleure façon de présenter les résultats au public. N'essayez pas de rédiger le communiqué de presse vous-même ; confiez-le à des professionnels ! Ils vous aideront également pour les illustrations. Contactez le Bureau canadien de Gemini à Gemini@nrc-cnrc.gc.ca ou directement Peter Michaud (gestionnaire de l'information du public).
Rejoignez les milliers et milliers d'abonnés de l'observatoire Gemini sur Facebook : @GeminiObservatory et Twitter : @GeminiObs
Mise à jour du CATAC sur le télescope de trente mètres
Par Michael Balogh (président du CATAC) (Cassiopée – Hiver 2018)
Forum scientifique TMT
Le sixième Forum scientifique TMT s'est tenu à Pasadena du 10 au 12 décembre. L'ordre du jour et la liste des participants sont disponibles ici . Nous avons été ravis de voir autant de chercheurs canadiens présents et participer activement aux discussions. Il était particulièrement encourageant de constater l'excellence scientifique de nos postdoctorants et étudiants diplômés, ainsi que leurs ambitions pour de nouvelles avancées avec TMT. Certains d'entre eux ont également participé à l'atelier de début de carrière TMT la semaine précédant le Forum, où ils ont été immergés dans une expérience de conception d'instruments de A à Z.
L'un des principaux sujets de discussion a porté sur la préparation par les États-Unis d'une proposition de préconstruction à la NSF, principalement destinée à soutenir le développement de l'instrumentation, et sur la préparation du levé décennal américain Astro2020. Une grande partie de ces travaux consiste à développer des programmes scientifiques clés, conçus pour exploiter l'accès potentiel des États-Unis au TMT et au GMT. Bien qu'il s'agisse d'un exercice centré sur les États-Unis, nombre de ces programmes scientifiques clés s'appuient sur des travaux déjà réalisés au sein de la communauté TMT par les équipes internationales de définition scientifique.
Des arguments scientifiques convaincants ont été présentés pour plusieurs futurs concepts d'instruments, notamment la spectroscopie NIR multi-objets, l'imagerie à contraste élevé et la spectroscopie haute résolution. La discussion des priorités relatives à ces concepts a été un point important à l'ordre du jour de la réunion du CAC qui a immédiatement suivi le forum. Début janvier, le CATAC collaborera avec la communauté canadienne afin de définir clairement nos priorités.
Bien qu'il s'agisse du dernier forum financé grâce à l'accord de coopération avec la NSF qui a donné lieu à ces réunions, de nombreuses personnes ont exprimé l'avis qu'il devrait se poursuivre. Bien qu'il soit probable que la prochaine réunion se tienne en Chine, j'espère que nous envisagerons d'en organiser une au Canada l'année suivante.
Construction
La grande nouvelle de ces derniers mois a été la décision positive rendue dans les deux affaires contestées devant la Cour suprême d'Hawaï. Tout d'abord, en août, la Cour a statué à l'unanimité en faveur de TMT sur la question de la sous-location. Puis, fin octobre, la Cour a rendu une décision à quatre voix contre une confirmant le permis d'utilisation du district de conservation délivré à TMT par le Land Board. C'est une bonne nouvelle, qui donne désormais à TMT le droit légal de reprendre la construction. Si des manifestations sont attendues, les derniers sondages montrent un fort soutien à TMT parmi les Hawaïens. Nous espérons donc que la construction pourra bientôt commencer, dans un environnement favorable à Hawaï.
Première instrumentation lumineuse
Le SAC s'est réuni en octobre pour recommander un choix de conception pour le spectrographe optique à champ large, l'un des deux premiers instruments de lumière du TMT. Le rapport public du CATAC sur les trois modèles envisagés a été mis à la disposition des membres du SAC. Le SAC a recommandé que le projet poursuive la conception du spectrographe imageur multi-fentes (Xchange), également privilégiée par le CATAC. Ce concept servira de base aux développements ultérieurs.
Une revue de conception d'un miroir secondaire adaptatif (AM2) a eu lieu en octobre et aucun obstacle n'a été identifié. Cependant, le déploiement d'un AM2 dès la première lumière présente des risques et complique la mise en service. Si un AM2 pourrait avoir un impact important sur les futurs instruments en simplifiant leur conception, il n'affectera pas significativement le WFOS ou l'IRIS. Par conséquent, même si cette capacité est intéressante à un stade précoce, il n'est peut-être pas nécessaire de faire pression pour qu'elle soit prête dès la première lumière.
Réunions et événements récents et à venir
Session séparée US-ELTP à l'AAS, Seattle, le lundi 7 janvier 2019
Conférence « Regards extrêmement larges sur l'univers primitif », UCLA, 28 janvier - 1er février 2019
Annonce de l'école d'été du CRAQ
Par Robert La Montagne (Cassiopée – Hiver 2018)

Le Centre de recherche en astrophysique du Québec (CRAQ) annonce son école d'été annuelle, qui se tiendra du 12 au 14 juin 2019 à Montréal, au Québec. Cette année, le thème sera « Astrophysique stellaire ». Cette école de trois jours portera sur la formation, l'évolution et la mort des étoiles, l'astrophysique du Soleil aux étoiles, ainsi que l'astrophysique des étoiles massives, des vents stellaires et des étoiles de faible masse situées au bas de la séquence principale. L'école d'été comprendra des conférences données par des experts locaux et internationaux du domaine.
L'école d'été du CRAQ s'adresse principalement aux étudiants diplômés dans le domaine de la physique, de l'astronomie et de l'astrophysique, bien que les étudiants ayant terminé un programme de premier cycle en physique soient également acceptés.
L'inscription est gratuite. Cependant, nous ne pouvons pas financer les frais de déplacement ni les frais d'hébergement. Un hébergement à un prix raisonnable sera proposé aux participants sur le campus universitaire.
Des informations supplémentaires sur le programme, l'inscription et l'hébergement seront bientôt disponibles sur ce site : craq-astro.ca/summerschool .
Contact par courriel : Summer.School@craq-astro.ca
La première enquête climatique de la CASCA : un aperçu de l'expérience partagée de notre communauté
Par Brenda Matthews (CNRC/U Victoria) et Kristine Spekkens (CMR/Université Queen's) (Cassiopée – hiver 2018)
Introduction
Fin 2017, le Comité pour l'équité et l'inclusion (CIE) de la CASCA a mené la première enquête sur le climat auprès de ses membres. Inspirée de celles menées par la Division des sciences planétaires de l'AAS et d'autres organismes, cette enquête a nécessité plus d'un an de travail. Son objectif était de mieux comprendre l'expérience des membres de la CASCA afin d'éclairer le conseil d'administration de la CASCA dans ses décisions futures.
La conception de l'enquête était conforme aux contraintes légales canadiennes, car elle demandait aux répondants certains renseignements personnels précis (mais pas leurs noms ni autres identifiants). Il est juridiquement problématique de demander des renseignements d'ordre racial ou similaire dans une enquête au Canada ; ces données démographiques n'ont donc pas été demandées.
Une première présentation de certains résultats de l'enquête a été réalisée par affiche lors de la réunion CASCA 2018 à Victoria. Nous résumons ici ces résultats et les complétons avec des informations complémentaires issues des réponses à l'enquête, notamment concernant le harcèlement dans un éventail plus large de paramètres que le genre, comme l'a souligné l'affiche CASCA 2018.

Distribution et réponse à l'enquête
L'enquête a été diffusée via l'exploseur CASCA, avec un délai de réponse d'un mois. Au total, 152 membres ont fourni des réponses exploitables. La figure 1 présente la répartition des répondants par niveau de carrière et par sexe. Si l'on compare aux données démographiques récemment compilées de la communauté CASCA, environ un tiers des membres de la CASCA ont répondu dans les trois catégories de carrière (étudiant, chercheur postdoctoral et membre ordinaire, c'est-à-dire au niveau du corps professoral). Le taux de réponse le plus faible a été celui des étudiants (25 %). La proportion de femmes ayant répondu à l'enquête sur le climat est comparable à celle des membres de la CASCA pour les postdoctorants et les étudiants, mais les femmes ont répondu de manière disproportionnée par rapport aux hommes parmi les membres ordinaires (c'est-à-dire que les femmes représentent 21 % des membres ordinaires de la CASCA, mais 35 % des répondants de niveau ordinaire à l'enquête sur le climat étaient des femmes). Malgré ces statistiques, il faut garder à l'esprit que les répondants à l'enquête sur le climat ne représentent probablement pas un sous-échantillon aléatoire des membres de la CASCA.
Les principaux objectifs de l'enquête étaient de sonder le sentiment de sécurité des membres dans leur environnement de travail et de comprendre leurs expériences en matière d'interactions négatives au travail. Nous soulignons ici que, bien que nous ayons commencé l'enquête en demandant uniquement de commenter les événements des cinq dernières années, il ressort clairement des commentaires que de nombreux répondants ont plutôt fourni un résumé de leur expérience professionnelle. Cela ne nous empêche pas d'atteindre notre objectif de comprendre les expériences de nos membres dans leur vie universitaire, mais cela signifie que les événements mentionnés dans leurs réponses peuvent être récents ou non.
Incidents signalés de harcèlement ou de harcèlement sexuel
Au total, 75 % des femmes interrogées et 25 % des hommes interrogés ont signalé un incident négatif important de quelque nature que ce soit dans leur vie professionnelle.

La figure 2 résume les incidents signalés selon une distribution ventilée par sexe (nous avons inclus les résultats pour toutes les femmes – cisgenres et transgenres, et les résultats pour tous les hommes – cisgenres et transgenres, combinés). Un nombre très significatif de répondants (45 %) ont vécu au moins une interaction négative grave au cours de leur carrière. Tous les incidents d’agression physique et sexuelle, bien que peu nombreux, ont été signalés par des femmes ; 15 % des femmes interrogées ont déclaré avoir subi des attouchements gênants ou inappropriés, tandis que plus de 20 % d’entre elles ont déclaré avoir reçu des demandes de « rendez-vous » ou d’autres interactions personnelles inappropriées au cours de leur vie professionnelle.
Tant les hommes que les femmes ont signalé des incidents de harcèlement sexuel, de regards ou de remarques sur l'apparence, d'atteinte à l'espace personnel, de communication à caractère sexuel ou genré et de « harcèlement sous une forme ou une autre » (à distinguer du harcèlement sexuel ; nous incluons les définitions de ces deux types de harcèlement fournies avec l'enquête ci-dessous en annexe). Seule cette dernière catégorie a enregistré un taux de signalement plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

Interactions avec les pairs et les superviseurs
Les réponses suggèrent que nos membres sont plus prudents et inclusifs dans leurs actions envers ceux qu'ils supervisent qu'envers leurs pairs. L'enquête demandait des informations sur la fréquence à laquelle les répondants entendaient des commentaires négatifs ou étaient victimes ou témoins de harcèlement lié à plusieurs catégories (religion ou absence de religion ; genre ; identité de genre ; handicap mental ; handicap physique ; origine ethnique). Les réponses facultatives étaient « Jamais ; Rarement ; Parfois ; Souvent ». La figure 3 résume ces réponses. Dans toutes les catégories, les incidents de commentaires négatifs lors des interactions avec les pairs dépassaient largement ceux avec les superviseurs. Nous notons cependant que la catégorie dans laquelle le plus grand nombre d'incidents de commentaires négatifs ont été signalés (les réponses « Rarement », « Parfois » et « Souvent » ont toutes été considérées comme des réponses positives) était l'origine ethnique, et il s'agissait de loin de la fraction la plus élevée signalée lors des interactions avec les superviseurs.

Lorsqu'on leur a demandé s'ils avaient personnellement subi ou été témoins de « harcèlement » prenant des formes autres que de simples commentaires négatifs à l'égard d'une personne ou d'un groupe, le taux le plus élevé de harcèlement subi a été signalé comme étant lié au genre (voir figure 4). Plus de 60 % des répondants ont déclaré avoir été témoins de harcèlement lié au genre, tandis que le nombre de ceux qui ont déclaré l'avoir subi personnellement était environ la moitié de ce chiffre. Le taux de répondants ayant déclaré avoir été victimes de harcèlement lié au genre était de 32 % (8 % des hommes et 61 % des femmes), tandis que 62 % des répondants (50 % des hommes et 77 % des femmes) ont déclaré avoir été témoins de harcèlement lié au genre.
Nous constatons que seule la catégorie raciale a produit des résultats dans lesquels le taux de harcèlement personnellement subi dépassait le taux de témoignages de ce type de harcèlement.

Santé de la communauté en matière d'équité et de genre
L'enquête suggère que les membres ressentent un sentiment d'équité et d'inclusion plus fort au sein de leur propre institution qu'aux réunions de la CASCA. La figure 5 présente les réponses à une question sur le sentiment d'insécurité au travail ; il apparaît clairement que la très grande majorité des répondants se sentent en sécurité sur leur lieu de travail, tandis que seulement 14 % se sentent en insécurité ou n'ont pas confiance en leur sentiment de sécurité.
Interrogés sur le degré de bien-être de la communauté astronomique en matière d'équité et de genre sur leur lieu de travail et lors des réunions de la CASCA, les répondants étaient d'accord ou tout à fait d'accord avec l'affirmation selon laquelle leur environnement de travail était sain à 60 % ou 70 %, mais seulement 50 % lors des réunions de la CASCA. Ce faible taux de réponse concernant la santé de l'environnement lors des réunions de la CASCA est aggravé par le fait que 75 % des répondants étaient d'accord ou tout à fait d'accord avec l'affirmation selon laquelle ils savaient comment signaler le harcèlement sur leur lieu de travail, alors qu'ils ne savaient comment signaler les cas de harcèlement lors des événements de la CASCA qu'à 40 %.
Initiatives en matière d'équité
À la fin de l'enquête sur le climat, nous avons posé plusieurs questions aux répondants sur les initiatives futures en matière d'équité et de harcèlement. Une majorité (environ 92 %) a estimé que la CASCA devrait poursuivre ou intensifier ses efforts pour améliorer l'équité et mettre fin au harcèlement. Très peu (4 %) ont estimé que la CASCA devrait en faire moins.
Les dernières questions de l'enquête sur le climat ont présenté les programmes d'accréditation ATHENA Swan UK (Royaume-Uni) et SAGE (Australie) visant à encourager et à récompenser les entreprises performantes en matière d'équité et d'inclusion, ainsi que le programme de prix Pléiades d'Australie. Il a été demandé aux répondants si la CASCA devait ou non soutenir et œuvrer à la mise en œuvre de ces programmes.
Les taux de réponse positive au modèle Athena SWAN/SAGE et aux prix Pléiades étaient tous deux d'environ 55 %. La plupart des répondants (85 %) ayant répondu oui au modèle Athena SWAN/SAGE ou aux prix Pléiades ont répondu oui aux deux ; autrement dit, les répondants soutenaient les deux idées ou aucune. La proportion de réponses positives ne dépendait pas du niveau académique à quelques pour cent près. Selon le sexe, la proportion de réponses positives des hommes était inférieure (environ 50 %) à celle des femmes (environ 70 %) et ces proportions ne variaient pas significativement selon le stade de carrière.
Le nombre de répondants qui étaient ambivalents ou incertains à propos de ces programmes de récompenses et d’incitations dépassait le nombre de ceux qui y étaient opposés, d’un facteur 4 pour les récompenses Pléiades et d’un facteur 2 pour Athena SWAN/SAGE.
Projets futurs
L'enquête sur le climat a généré un ensemble de données très riche. Cet article présente certains de ses principaux résultats. Une analyse beaucoup plus détaillée des données sera présentée au conseil d'administration de la CASCA. Ce rapport permettra de comprendre les expériences passées des membres et d'éclairer les initiatives futures, notamment l'adoption de programmes d'accréditation, de programmes de récompenses visant à accroître l'équité et l'inclusion, et de programmes de mentorat.
Annexe : Définitions utilisées dans l'Enquête sur le climat
L'équité est le principe de justice et d'impartialité envers tous. Elle implique d'accorder à une partie autant d'avantages, de considération ou de latitude qu'à une autre.
Le harcèlement est un comportement qui comprend, sans s'y limiter, les insultes, les propos injurieux ou les stéréotypes négatifs ; les menaces, les actes intimidants ou hostiles ; les plaisanteries dénigrantes et l'affichage ou la diffusion de documents écrits ou explicites qui dénigrent ou manifestent de l'hostilité ou de l'aversion envers une personne ou un groupe. Dans le milieu universitaire, les personnes en position d'autorité doivent se montrer prudentes quant à tout comportement intimidant ou agressif, car leurs supérieurs dépendent d'eux pour leurs perspectives d'emploi et hésitent à affronter les harceleurs. Le harcèlement se distingue de l'intimidation en ce sens qu'il constitue une forme de discrimination.
Le harcèlement sexuel désigne les avances sexuelles importunes, les demandes de faveurs sexuelles et tout autre comportement verbal ou physique à caractère sexuel. Plus précisément, le harcèlement sexuel désigne des paroles ou des actes non désirés, dirigés contre vous, fondés sur votre sexe, votre orientation sexuelle, votre expression ou votre identité de genre, et nuisibles ou préjudiciables d'une manière ou d'une autre. Les harceleurs sexuels savent ou devraient savoir que leur comportement est importun, car il serait jugé comme tel par toute personne raisonnable. Il est essentiel de faire preuve de discernement afin de s'assurer que ses paroles et ses actes témoignent du respect d'autrui. Ceci est particulièrement important pour les personnes en position d'autorité, car les personnes de rang ou de statut inférieur peuvent être réticentes à exprimer leurs objections ou leur malaise face à un comportement importun.
Mise à jour du JCMT
Par Chris Wilson (Université McMaster, membre du conseil d'administration du JCMT pour le Canada)
(Cassiopée – Hiver 2018)

Le JCMT continue de produire de nouveaux résultats scientifiques passionnants, dont de nombreux issus des grands programmes parus au cours des six derniers mois. Je tiens à souligner en particulier les résultats exceptionnels du polarimètre canadien POL2 sur SCUBA-2, notamment les premières observations de la structure du champ magnétique à l'intérieur des « Piliers de la Création » du grand programme BISTRO (voir Pattle et al., 2018, ApJL, sous presse, ArXiv : 1805.11554 et Ward-Thompson et al., 2017, ApJ). Pierre Bastien (Montréal) a également présenté une affiche sur les résultats de POL-2 lors de la récente réunion de la CASCA. Le relevé de la ceinture de Gould de première génération avec SCUBA-2 est très productif et donne lieu à de nombreux articles, avec une participation et un leadership canadiens importants. Le Canada joue également un rôle majeur dans le nouveau grand programme transitoire, avec des articles passionnants publiés récemment.
Le temps d'observation des chercheurs principaux canadiens au JCMT continue d'être très sollicité, bien que le taux de sursouscription du dernier semestre (18B) ait été inférieur à celui des semestres précédents. Cette baisse pourrait refléter l'incertitude quant à la participation future du Canada au JCMT (voir ci-dessous), ou simplement la lassitude des proposants causée par ce taux élevé de sursouscription.
L'Observatoire d'Asie de l'Est (EAO) bénéficie actuellement d'un accord de cinq ans pour l'exploitation du JCMT, qui expire en février 2020. Le conseil d'administration de l'EAO a récemment décidé de prolonger l'exploitation du JCMT pour une deuxième période de cinq ans. L'EAO accueillerait favorablement la participation de ses partenaires britanniques et canadiens et recherche également d'autres partenaires en Asie et au-delà.
Suite à cet engagement prolongé de l'EAO, l'observatoire prévoit de moderniser son instrumentation existante. Le récepteur actuel de 230 GHz sera remplacé par un récepteur plus récent et plus sensible au cours de l'année prochaine. Des recherches sont en cours pour remplacer SCUBA-2 et le récepteur réseau HARP-B de 345 GHz. La directrice adjointe Jessica Dempsey a présenté les futurs projets d'instrumentation au JCMT lors de la récente réunion de la CASCA à Victoria.
Le financement universitaire canadien actuel expire en février 2019. Nous étudierons des options pour continuer à financer les opérations du JCMT, mais aucune n'est évidente pour le moment. Le programme d'OIR du CRSNG, qui a financé la contribution canadienne aux opérations de février 2017 à février 2019, n'a pas organisé de concours en 2017. Il reste à voir s'il sera réactivé pour le concours de 2018 cet automne, compte tenu des nouvelles subventions du gouvernement fédéral aux organismes subventionnaires. Le CCDA gère actuellement les archives du JCMT, et environ la moitié de notre temps d'observation des chercheurs principaux est lié à cette contribution du CCDA. Il reste à confirmer si cette situation perdurera si le financement universitaire du JCMT cesse. Nous étudions également la possibilité qu'une proposition de la FCI finance une contribution aux nouveaux instruments du JCMT en échange d'un accès continu des chercheurs principaux aux ressources.
Si le financement opérationnel du Canada cesse complètement, les astronomes canadiens continueront d'être membres des grands programmes existants du JCMT et d'y avoir accès. Il reste à voir si cette possibilité sera prolongée lors du prochain appel à propositions pour les grands programmes (probablement courant 2020).
Rapport du LRPIC
Par John Hutchings (président, LRPIC)
(Cassiopée – Hiver 2018)
Le LRPIC a suivi les enjeux et les avancées des installations terrestres et spatiales. Nous encourageons les contributions et les discussions, que ce soit par l'intermédiaire de ses membres ou via laliste de diffusion ouverte . Nous continuons à communiquer étroitement avec les comités JCSA, GAC et CATAC.
Le LRPIC a participé à deux ateliers préparatoires au LRP : des relevés de terrain à Waterloo et un atelier d'astronomie spatiale à l'Université de Montréal. Nous avons noté les récents développements sur le site et les partenariats en TMT et MSE, ainsi que l'organisation SKA et ses installations précurseurs, désormais opérationnelles.
Le LRPIC, de concert avec la JCSA, la Coalition et le Conseil consultatif spatial, continue de s'inquiéter de l'absence d'un budget et d'un mandat stables et adéquats pour les sciences spatiales au sein de l'ASC. Des débâcles comme l'échec du partenariat WFIRST ternissent gravement notre réputation internationale, et les perspectives du LRP2020 sont difficiles. Nous constatons l'absence persistante de la politique spatiale promise par le gouvernement, mais nous prenons acte des nombreux efforts de lobbying actifs visant à redresser la situation, et nous espérons que cela entraînera les changements nécessaires.
Une délégation Subaru a participé à l'atelier de Waterloo et a présenté sa vision en matière d'instrumentation et de partenariat international. Une contribution annuelle de 2 millions de dollars permettrait d'obtenir un statut de partenaire à part entière : accès à au moins 25 nuits (heure régionale), participation à la gouvernance et accès aux grands programmes (SSP). Au total, le Canada pourrait accéder à plus de 100 nuits pour ce niveau de participation. Le partenariat avec Subaru impliquerait des collaborations techniques et scientifiques avec le Japon, également partenaire TMT. Pour en savoir plus, veuillez contacter Michael Balogh .
L'examen préliminaire du CCAT-prime a eu lieu fin octobre, et la construction est en cours, la première lumière étant prévue pour 2021. Le consortium CATC prévoit solliciter environ 9 millions de dollars canadiens lors du prochain tour de financement de la FCI, dont 2 à 3 millions de dollars pour la participation à l'instrumentation. Le Canada détiendra ainsi 20 % des parts de l'installation.
Le LRPIC se réjouit de la nomination de Sarah Gallagher au poste de conseillère scientifique de l'ASC. Dan Wayner, ancien vice-président du CNRC, a été nommé à ce poste similaire. Le CNRC a nommé Luc Simard au poste de directeur général de l'AHA, succédant ainsi à Greg Fahlman. Nous félicitons tous ces membres et les suivons et collaborons avec eux dans leurs nouvelles fonctions.
Les membres du LRPIC sont M. Balogh, M. Dobbs, S. Ellison, J. Hutchings (président), JJ Kavelaars, B. McNamara, N. Murray, I. Stairs.
Observateurs : R. Abraham, R. Kothes, J. Rowe, L. Simard, R. Thacker.
Mise à jour du Maunakea Spectroscopic Explorer (MSE)
Par Patrick Hall (membre du groupe de gestion MSE)
(Cassiopée – Hiver 2018)
Le groupe de direction de MSE vient de terminer sa réunion annuelle en présentiel à Waimea, à Hawaï. Il accueille son nouveau président, Andrew Hopkins (Université Macquarie, Australie), ainsi que ses nouveaux membres : Laura Ferrarese (CNRC Canada) et Luis Ho (Institut Kavli, Chine). Une mise à jour plus complète sera publiée dans le prochain numéro de Cassiopeia.
Livre de projets MSE
Le livre du projet MSE est désormais disponible sousarXiv:1810.08695 . Il résume l'état d'avancement technique du MSE à l'intention des ingénieurs et des responsables techniques, de la phase de conception à la phase de conception préliminaire. Il fournit également des informations sur les motivations scientifiques des capacités et des exigences du MSE.
Astronomie à grand champ au Canada
Les intérêts scientifiques du MSE ont été représentés lors de l'atelier sur l'astronomie à grand champ au Canada, qui s'est tenu à l'Institut Périmètre les 10 et 11 octobre. Les présentations sont disponibles sous l'onglet « Programme » à ce lien .
Proposition du CFI
Des lettres d'intention pour une proposition de financement de la recherche (FCI) ont été soumises à de nombreuses institutions pour le cycle de financement de la recherche (FCI) de 2019. Nous prévoyons une demande importante pour la réalisation des travaux de conception de l'enceinte et de la structure du télescope, confiée au professeur Colin Bradley de l'UVic et impliquant les universités de Victoria, de la Colombie-Britannique, de Western Ontario, de Waterloo, de York, de McGill, de Laval et de Saint Mary's.
Actualités du CNRC Herzberg
Par Dennis Crabtree (NRC Herzberg), contributions de James Hesser et Chris Willott
(Cassiopée – Hiver 2018)

Actualités générales
Luc Simard a accepté le poste de directeur général du Centre Herzberg de recherche en astronomie et en astrophysique. Il s'est joint au CNRC en 2002 comme archiviste au Centre canadien de données astronomiques. Il est ensuite devenu chef d'équipe, Science des instruments, au sein du Programme de technologie astronomique, et a assumé le rôle de directeur, Technologie astronomique, en 2015. À ce titre, Luc a dirigé une équipe de 68 scientifiques, ingénieurs et techniciens répartis sur les sites de Penticton et de Victoria. Au fil des ans, il a participé à plusieurs projets internationaux d'instrumentation de télescopes de grande envergure, notamment le spectrographe à haute résolution Gemini (GHOST), le corrélateur et formateur de faisceaux à moyenne fréquence du réseau Square Kilometer Array, ainsi que les spectrographes SPIRou et NIRPS (Near-InfraRed Planet Search) du télescope Canada-France-Hawaï (TCFH).
Luc était également chef du groupe d'instruments scientifiques pour la Thirty Meter Telescope Observatory Corporation, responsable de la livraison de trois instruments scientifiques et d'une unité d'étalonnage d'optique adaptative, supervisant les travaux effectués dans 20 instituts différents situés dans cinq pays.
Ses recherches scientifiques ont été dominées par des travaux sur de grands relevés de galaxies et son intérêt principal réside dans la vérification des modèles de formation et d'évolution des galaxies. Luc est l'auteur ou le coauteur de 98 publications évaluées par des pairs, qui ont reçu plus de 9 400 citations. Il a présidé des conférences internationales en astronomie, siégé à divers comités et panels consultatifs, et donné des conférences invitées aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Asie, couvrant un large éventail de sujets, notamment l'évolution des galaxies, la science et l'instrumentation pour les très grands télescopes, ainsi que la gestion de projets. Luc est également professeur adjoint au département de physique et d'astronomie de l'Université de Victoria. Il est titulaire d'un doctorat en physique et astronomie de l'Université de Victoria et a effectué un stage postdoctoral aux observatoires de l'Université de Californie à Santa Cruz, aux États-Unis.
Concert de musique de William Herschel
Vendredi soir, plus de 250 personnes ont assisté à un concert mémorable à la cathédrale Christ Church de Victoria. Ce concert célébrait à juste titre le centenaire de la DAO et le sesquicentenaire de la RASC. Il a également eu lieu entre le 285e anniversaire de William Herschel (15 novembre) et le 153e anniversaire de John Stanley Plaskett, directeur fondateur de la DAO (17 novembre).

Le programme comprenait trois symphonies entraînantes et deux concertos écrits par le musicien et compositeur devenu astronome William Herschel, qui a notamment découvert Uranus et le rayonnement infrarouge. Ce programme comportait ce que l'on pense être trois premières nord-américaines. Le virtuose du clavecin Michael Jarvis, accompagné de son partenaire violoniste virtuose Paul Luchkow (le « Duo Luchkow Jarvis »), s'efforce de faire revivre la musique de Herschel auprès du public moderne. Huit autres excellents musiciens se sont joints à eux avec des instruments d'époque. David Lee et John McDonald, membres de la RASC, ont créé la magnifique vidéo accompagnant la musique à partir d'images et de croquis réalisés par des membres de la RASC, au Centre Victoria. David et John ont tous deux participé à une conférence instructive avant le concert, animée par le producteur du concert, Ian Alexander (coprésident du comité musical de la cathédrale), à laquelle participaient également Alan Batten, astronome retraité de la DAO, et Michael Jarvis. Le public a découvert la musique, l'origine, il y a de nombreuses années, de ce concept de présentation et ce qu'il faut rechercher dans les images qui l'accompagnent. La narration dramatique tout au long du concert par Alan Batten (William Herschel) et Carolyn Sinclair (Caroline Herschel) était basée sur les écrits originaux des Herschel, largement recherchés par Alan et scénarisés par Ian.
Une photo de répétition prise par David Lee est présentée ci-dessus. Des photos de la performance prises par Chris Gainor sont disponibles ici, et un court enregistrement de David Lee réalisé pendant la répétition peut être écouté ici .
Mise à jour du JWST
Les deux moitiés du télescope spatial James Webb sont désormais réunies au parc spatial Northrop Grumman de Los Angeles. Le télescope complet, avec ses instruments scientifiques intégrés, attend son intégration au vaisseau spatial en 2019. Le vaisseau et son énorme pare-soleil déployable subissent actuellement une série de tests environnementaux. Après avoir réussi les tests acoustiques, le vaisseau spatial a entamé une série de tests vibratoires simulant les contraintes subies lors d'un lancement.
Suite au rapport du comité d'examen indépendant publié plus tôt cette année, la NASA a fixé une nouvelle date de lancement au 30 mars 2021. Le calendrier de planification scientifique montre que l'appel à propositions du cycle 1 devrait être publié à la fin de 2019 ou au début de 2020. Le temps supplémentaire disponible avant le lancement est utilisé pour améliorer l'efficacité des opérations du JWST et l'état du pipeline de réduction des données et des fonctionnalités d'archivage (y compris le Centre canadien de données astronomiques).
L'équipe canadienne du JWST a récemment participé à la première répétition des instruments scientifiques au Centre des opérations de mission de Baltimore, reproduisant une semaine d'activités de mise en service des instruments, incluant certaines « anomalies » prévues. Cet exercice a été très utile pour tester le logiciel de vol et les interactions humaines durant cette phase de la mission.

L'équipe du JWST de l'Université de Montréal a connu quelques changements. Julien Rameau a quitté son poste de scientifique des instruments du JWST pour un nouveau poste en France. Une annonce pour son remplacement est maintenant en ligne ici . Nathalie Ouellette a rejoint l'équipe en tant que nouvelle scientifique canadienne de vulgarisation du JWST.
Cette photo montre les deux moitiés du JWST réunies à Los Angeles. À gauche, on peut voir trois segments de miroir primaire hexagonaux dorés du télescope rangé. À droite, le vaisseau spatial rangé est soulevé pour être transporté vers le centre d'essais environnementaux ; le matériau violet brillant représente le pare-soleil replié.
Résumé de l'atelier « L'avenir de l'astronomie spatiale au Canada »
Par Pauline Barmby (Université Western)
(Cassiopée – Hiver 2018)
Environ 65 membres de la communauté de l'astronomie spatiale, issus des universités, de l'industrie, du gouvernement et d'institutions publiques, se sont réunis à l'Université de Montréal les 6 et 7 novembre 2018 pour l' atelier sur l'avenir de l'astronomie spatiale au Canada . L'objectif de la réunion était de « stimuler les idées et les plans pour le prochain Plan à long terme 2020… [et]… de s'informer de l'état d'avancement des projets d'astronomie spatiale en cours et à venir et de discuter des enjeux actuels liés au financement de l'ASC [Agence spatiale canadienne]. » Bon nombre des questions scientifiques les plus passionnantes en astronomie, notamment la détection de la vie sur les exoplanètes et la découverte de la nature de l'énergie noire, nécessitent des observations depuis l'espace. Les astronomes canadiens souhaitent participer ou participent déjà à un large éventail de missions d'astronomie spatiale.
Français Les présentations ont porté sur le contexte du PLT2020, la participation canadienne aux missions d'astronomie spatiale actuelles et futures [proposées], les technologies spatiales uniques existantes et en cours de développement dans l'industrie canadienne, et la sensibilisation liée à l'espace. La participation actuelle des Canadiens aux missions va des rôles de leadership dans les études de conception (p. ex. CASTOR ) au développement de technologies spécifiques et uniques au monde pour les missions proposées (p. ex. LiteBIRD , SPICA ), aux essais d'instruments et à la planification scientifique pour les missions à lancer prochainement (p. ex. JWST). La conseillère scientifique de l'ASC, S. Gallagher, a souligné que les astronomes canadiens peuvent être fiers de notre science de pointe mondiale 1 ; avec J. Hutchings [CNRC] et J. Rowe [Bishop's], elle a clairement indiqué que le budget de l'ASC pour l'astronomie spatiale est beaucoup trop faible pour soutenir nos ambitions futures. Le long délai entre le lancement de la mission et le retour scientifique exige un plan à long terme pour l'ASC et son financement qui permet un soutien ouvert et concurrentiel pour des missions de différentes tailles 2 . Notre incapacité à participer à des missions au cours de la dernière décennie signifie que le JWST sera la dernière « nouvelle mission » à laquelle le Canada participera pendant un certain temps.
Après que J. Hutchings a présenté les leçons tirées du Plan à long terme 2010 (PLT2010), R. Thacker [St. Mary's, CASCA] a présenté les plans pour le PLT2020. Une fois que les astronomes canadiens auront défini leurs priorités pour le PLT2020, la prochaine étape consistera à les concrétiser. La mobilisation du gouvernement et la sensibilisation du public sont essentielles pour accroître le financement de l'ASC ; la campagne « Ne lâchez pas Canada » menée par l'industrie aérospatiale canadienne ne se limite pas à l'astronomie spatiale, mais vise également à revitaliser l'ASC. Un secteur spatial fort est nécessaire non seulement pour rester compétitif à l'échelle internationale, mais aussi pour garantir la sécurité nationale, favoriser le développement économique et améliorer la gestion des ressources. Comme l' a souligné F. Grandmont [ABB] , la technologie spatiale est soumise à des restrictions à l'exportation, même de la part des plus proches partenaires et alliés internationaux du Canada : les États-Unis et l'Europe. La recherche universitaire sur la télédétection et/ou les capacités spatiales constitue un moyen efficace et économique d'y parvenir, avec un fort effet multiplicateur grâce à la participation du personnel hautement qualifié. Les investissements récents du gouvernement fédéral dans la science fondamentale sont utiles, mais ne contribuent pas directement à la science et à la technologie spatiales, domaine dans lequel l’ASC est l’organisme compétent.
Les résolutions discutées à la fin de la réunion ont abordé la voie à suivre pour améliorer l'état de l'astronomie spatiale canadienne. L'industrie canadienne a apporté (et a le potentiel d'apporter encore) des contributions technologiques uniques à l'astronomie spatiale, et les astronomes doivent collaborer plus étroitement avec l'industrie pour élaborer des points de discussion communs afin de plaider conjointement en faveur d'un soutien public accru à l'ASC. Nous devons hésiter davantage à promouvoir notre science auprès du public et à discuter de ses avantages pour le Canada avec nos représentants élus, et faire front commun pour défendre les priorités de la communauté après l'achèvement du PLT 2020. Une participation enthousiaste au processus du PLT et à l'utilisation du JWST – le plus important investissement en astronomie spatiale de notre pays – est essentielle.
1 Concurrence dans une économie mondiale de l'innovation : l'état actuel de la R-D au Canada (2018), Conseil des académies canadiennes
2 Voir aussi Vision pour l'exploration spatiale au Canada (2017), Caiazzo, Gallagher et Heyl; Consultations sur l'avenir du Canada dans l'espace : ce que nous avons entendu (2018), Space Advisory Board
Thèse : Des nuages moléculaires à grande échelle aux filaments et aux noyaux : dévoiler le rôle des champs magnétiques dans la formation des étoiles
(Cassiopée – Hiver 2018)
par le Dr Sayantan Auddy
Thèse soutenue le 10 juillet 2018
Département de physique et d'astronomie, Université Western
Directeur de thèse : Prof. Shantanu Basu
Abstrait:
Je présente une étude approfondie du rôle des champs magnétiques forts dans la caractérisation de la structure des nuages moléculaires. Nous effectuons des simulations magnétohydrodynamiques turbulentes non idéales tridimensionnelles (avec diffusion ambipolaire) afin d'observer l'effet des champs magnétiques sur l'évolution de la fonction de distribution de probabilité de densité de colonne (PDF). Nos résultats indiquent une dépendance systématique de la PDF de densité de colonne des nuages moléculaires à l'intensité du champ magnétique et à la turbulence, avec des résultats observables entre les conditions initiales supercritiques (dominées par la gravité) et sous-critiques (dominées par le champ magnétique). Nous constatons que la plupart des cas développent une PDF directe en loi de puissance, et que seuls les nuages sous-critiques avec turbulence sont capables de maintenir un corps log-normal de la PDF, mais avec une queue en loi de puissance aux valeurs élevées. Je présente également un scénario de formation de rubans magnétiques oscillatoires de quasi-équilibre dans les nuages moléculaires sous-critiques turbulents. La relation synthétique observée entre la largeur apparente en projection et la densité de colonne observée est relativement plate, similaire aux observations de filaments de nuages moléculaires, et différente de la simple espérance basée sur un argument de longueur de Jeans. De plus, je développe une méthode de structure du champ magnétique (CFS) qui nécessite des observations spatialement résolues de la dispersion de vitesse non thermique à partir du relevé d'ammoniac de Green Bank (GAS) de la région L1688 du nuage moléculaire d'Ophiuchus, ainsi que la carte de densité des colonnes, afin de déterminer le profil d'intensité du champ magnétique à travers les noyaux denses. En appliquant la méthode CFS, nous constatons que pour la plupart des noyaux d'Ophiuchus, le rapport masse/flux diminue radialement vers l'extérieur.

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