Mise à jour de l’Agence spatiale canadienne

[http://www.asc-csa.gc.ca]
Èdité par Denis Laurin

 

Introduction

 

Cet article est le premier d’une série qui fera régulièrement le point sur le Programme d’astronomie spatiale de l’ASC. On y retrouvera une brève mise à jour sur l’état des missions présentement en cours ainsi que des nouvelles sur les projets en développement.

 

Le point sur les missions

 

Herschel et Planck

Au cours de la saison qui se termine, le lancement tant attendu des observatoires Herschel et Planck a finalement eu lieu. Ces derniers se sont envolés pour l’espace le 14 mai 2009, depuis le centre spatial de l’ESA, à Kourou, en Guyane française. La fusée Ariane V a fonctionné à merveille, propulsant les deux engins spatiaux jusqu’au point Lagrange L-2, un endroit frais et paisible situé au-delà de l’orbite de la Lune.

 

L’Agence spatiale canadienne, avec l’aide d’institutions et d’entrepreneurs canadiens, a participé au développement des instruments embarqués à bord d’Herschel, soit l’Instrument hétérodyne pour l’observation dans l’infrarouge lointain (HIFI) et le Récepteur d'imagerie spectrale et photométrique (SPIRE).

 

Le professeur Michel Fich, de l’Université de Waterloo, est le chercheur principal pour la mission HIFI au Canada. La société COM DEV, de Cambridge, en Ontario, a été l’entrepreneur principal pour la contribution du Canada au développement de l’instrument HIFI. Plusieurs projets clés en observation spatiale sont dirigés par des chercheurs canadiens.

[http://astro.uwaterloo.ca/hifi] [http://spire.uleth.ca/]

 

Le professeur David Naylor, de l’Université de Lethbridge, est le chercheur principal pour la contribution du Canada au développement de l’instrument SPIRE. Blue Sky Spectroscopy, de Lethbridge, en Alberta, est l’hôte du centre d’expertise du Récepteur d'imagerie spectrale et photométrique SPIRE.

[http://research.uleth.ca/spire]

 

Le Canada participe également à la mission Planck. L’Université de la Colombie-Britannique et le cochercheur Douglas Scott ont produit un progiciel d’analyse et de tracé des données (Kst) pour l’instrument LFI. L’instrument HFI tirera profit du logiciel d’interprétation rapide mis au point par le CITA sous la direction de Dick Bond (Université de Toronto).

[http://www.astro.ubc.ca/Planck/index.html]

[http://www.cita.utoronto.ca/~mamd/planck/index_planck.html]

 

MOST

Ce petit télescope spatial continue de fonctionner au-delà de toutes les attentes. Le 30 juin 2009, MOST a célébré son 6e anniversaire d’exploitation! Il continue d’ offrir toujours une précision de pointage de moins d’une seconde d’arc, ce qui est inédit pour un microsatellite. 

 

MOSTPlus d’une cinquantaine de publications revues par un comité de lecture ont été publiées à ce jour dans le cadre de la mission MOST. Les données produites par ce microsatellite sont archivées au Centre canadien de données astronomiques (CCDA) du CNRC. Les capacités uniques du microsatellite MOST sont reconnues partout dans le monde. L’intérêt particulier que portent les chercheurs américains à l’égard de MOST a débouché sur la signature d’un accord entre l’ASC et la NASA pour l’établissement d’un programme d’observateurs invités américains. Ce programme a débuté en janvier 2009 et il sera reconduit en 2010.

[http://www1.cadc-ccda.hia-iha.nrc-cnrc.gc.ca/cadc/]

 

Le chercheur principal du projet MOST, soit M. Jaymie Matthews, de l’Université de la Colombie-Britannique, tient à jour un site Web qui regorge d’informations sur le contexte de la mission, sa progression et les résultats scientifiques obtenus. [http://www.astro.ubc.ca/MOST/]

 

Les missions en cours

 

JWST – FGS et TFI

JWSTLe télescope spatial James Webb (JWST) est une mission phare de la NASA. Il s’agit aussi de la mission d’astronomie spatiale à laquelle le Canada a le plus contribué.

 

Depuis la dernière mise à jour, le programme du projet a été plutôt chargé avec l’élaboration du matériel et des logiciels. COM DEV Canada, l’entrepreneur principal pour le détecteur de guidage de précision (FGS) du télescope JWST, travaille au développement de l’unité d’essai technologique et du prototype de vol du FGS.

 

Dans le cadre du développement de l’unité d’essai technologique du FGS, on a atteint un jalon important, soit la réalisation fructueuse de l’essai d’alignement du détecteur cryogénique en août 2009 dans les installations d’essai du Laboratoire David Florida (LDF). Ce jalon ouvre maintenant la voie à la très attendue campagne d’essais en environnement dans le cadre de laquelle l’unité d’essai technologique du FGS sera soumise à des conditions environnementales reproduisant celles qui règneront lors du lancement, de la transition au point L2 et de l’exploitation de l’engin spatial. Ces essais, qui doivent s’amorcer en octobre 2009, seront effectués dans les installations du LDF.

 

Pour ce qui concerne le prototype de vol du FGS, la société COM DEV a reçu les premiers éléments structurels, soit le banc optique, les bâtis cinématiques ainsi que les premiers miroirs optiques. Les épreuves de chargement des bâtis cinématiques sont maintenant terminées. On procède actuellement à l’évaluation du rendement des miroirs optiques en milieux ambiant et cryogénique. Les premières étapes d’intégration du prototype de vol du FGS devraient elles aussi commencer en octobre 2009.

 

L’unité d’essai technologique et le prototype de vol du FGS devraient être livrés au Goddard Space Flight Center de la NASA en 2010 et au début de 2011, respectivement.

 

Les chercheurs principaux John Hutchings et René Doyon ont fait le point sur le FGS et le TFI, respectivement, dans l’édition d’été 2009 de Cassiopeia.

 

Unité de test FGS au LDF, la tour à droite est
l’équipement optique d’appui au sol.

 

Astrosat – UVIT

L’ASC finance un partenariat, par le biais d’un contrat conclu avec Routes AstroEngineering d’Ottawa, pour la conception et la fabrication du système de détection et de comptage de photons qui sera installé dans les deux télescopes d’imagerie dans l’ultraviolet et la lumière visible qui ont un diamètre de 40 cm chacun. Ce projet est appuyé par l’Institut Herzberg d’astrophysique. Le lancement d’Astrosat est prévu en 2010.

 

L’assemblage des unités de vol s’achève et les essais en environnement sont prévus au Laboratoire David Florida en octobre. L’étalonnage des trois canaux du sous-système de détection (ultraviolet lointain, proche ultraviolet et spectre visible) est prévu au mois de novembre ou décembre 2009, à l’Université de Calgary. L’objectif sera de livrer l’instrument à l’Inde en fin d’année pour qu’il soit intégré à la charge utile UVIT et Astrosat. L’accord conclu avec l’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) prévoit 5 % de temps d’observation garanti pour le Canada après la première année d’observation. L’équipe scientifique canadienne partagera également du temps d’observation garanti avec l’équipe scientifique d’UVIT tout au long de la phase de vérification de fonctionnement (an 1) ainsi qu’au cours des années subséquentes.

 

NEOSSat

Le prochain microsatellite de l’ASC sera un autre petit télescope spatial. Reprenant le concept utilisé pour MOST, NEOSSat transportera lui aussi à son bord un télescope de 15 cm de diamètre, sauf que celui-ci aura une vocation totalement différente. Tirant profit des conditions qui règnent dans l’espace, NEOSSat (Satellite de surveillance en orbite circumterrestre) sera le premier télescope au monde consacré à la détection et au suivi de satellites et de géocroiseurs. 

 

NEOSSat est un projet conjoint mené en collaboration avec Recherche et développement pour la Défense Canada (RDDC). Ce projet démontrera la capacité d’une plateforme spatiale peu coûteuse à détecter des débris spatiaux ainsi que des satellites en orbite haute autour de la Terre. NEOSSat a subi avec succès la revue critique de conception (CDR) et le projet est maintenant entré dans la phase D des travaux. Le lancement est prévu en mars 2011, et une fois en orbite, le microsatellite sera exploité depuis les installations de l’ASC. Le CP pour le volet de détection des géocroiseurs est Alan Hildebrand, de l’Université de Calgary [http://www.neossat.ca/].

 

Dans le cadre de l’Année internationale de l’astronomie, ceux et celles qui le souhaitent peuvent soumettre leur nom sur la page Web du chercheur principal du projet NEOSSat, à l’Université de Calgary. Tous les noms ainsi reçus seront téléchargés dans la mémoire du satellite avant son lancement en 2011.

[http://www.neossat.ca/name-collector.html]

 

Groupes de travail spécialisés

 

En 2007, l’ASC a demandé la création de groupes de travail spécialisés. Ainsi, 13 groupes ont été formés, dont cinq portant sur l’astronomie spatiale et axés sur les disciplines suivantes : astrophysique des hautes énergies, astronomie dans l’infrarouge lointain, fond diffus cosmologique, astronomie UV-optique et imagerie à grand champ. Les groupes de travail spécialisés ont pour mandat de renforcer la collaboration et de consolider les objectifs et les priorités à l’échelle nationale dans chaque discipline. Les groupes ont soumis leurs recommandations dans des rapports finaux qui ont été présentés à l’ASC en mars 2009. Les résumés de ces rapports peuvent être consultés sur le site Web de l’ASC. Ces documents fournis des renseignements très utiles à l’ASC pour l’élaboration de ses plans.

[http://www.asc-csa.gc.ca/fra/sciences/comites-gts.asp#astronomie]

 

DDP visant des études conceptuelles

 

Une demande de propositions (DDP) portant sur des études conceptuelles en astronomie spatiale a été lancée le 2 septembre 2009 sur le site d’appel d’offres du gouvernement du Canada (MERX). La DP vise plus particulièrement les priorités cernées par l’ASC en consultation avec la communauté, soit la possibilité de participer à deux missions internationales (la mission Astro-H et une mission d’étude de l’énergie sombre). Dans le cadre d’une DP ouverte, toutes les communications relatives à la DP doivent transiter par TPSGC, tel qu’indiqué dans la DP elle-même.

[Site Web de l’ASC sur les avis d’offres de participation]

 

Une DP similaire axée sur la réalisation d’études de concepts de missions a été lancée en 2007. Il a résulté de ce processus deux études en astronomie spatiale qui ont été achevées en janvier 2009. La première étude a porté sur un télescope nommé OCLE DOCLE (pour Oort Cloud Explorer for Dynamic Occultation Events) consacré à la détection d’objets extrasolaires à l’aide de la technique d’occultation par des étoiles lointaines (JJ Kavelaars de l’IHA). Ce concept mise sur l’exploitation d’un microsatellite capable d’accueillir un télescope réflecteur pliable ayant un diamètre d’ouverture de 30 cm. L’autre étude portait sur une mission précurseur dans le cadre de laquelle serait installé un télescope à miroir liquide sur la Lune. Le dossier scientifique est bien documenté et l’étude des exigences technologiques est bien étoffée (Paul Hickson, U. de la C.-B.).

 

PMVSS – Programme de subventions

 

Le Programme de mise en valeur des sciences spatiales (PMVSS), qui fait partie du Programme de subventions et de contributions de la Direction générale des Sciences spatiales de l’ASC, vise à accorder des subventions pour l’analyse de données produites dans le cadre de missions scientifiques (passées et présentes) financées par l’ASC. En 2005, le PMVSS a fourni trois subventions sur une période de trois ans pour l’analyse des données de MOST, BLAST et Herschel.

 

En 2008, le financement affecté au PMVSS a augmenté de façon considérable, principalement pour s’ajuster au nombre de missions spatiales lancées par l’ASC et appuyer en continu les missions passées. En astronomie spatiales, cette année, 9 subventions, d’une valeur approximative de 200 000 $ chacune, ont été sélectionnées.  Elles visent notamment l’analyse des données produites dans le cadre des missions Herschel, Planck et BLAST. On retrouve les résultats, ainsi qu’une description du processus d’évaluation, sur le site Web de l’ASC.

[http://www.asc-csa.gc.ca/fra/ao/2008_miseenvaleur.asp]

 

Le comité du JCSA

 

Le Comité conjoint ASC-CASCA sur l’astronomie spatiale (JCSA) se réunira à la fin de novembre 2009, au siège social de l’ASC. Toutes les informations pertinentes sont fournies sur le site Web de l’ASC. Vous y trouverez également la liste des membres du comité ainsi qu’un résumé des recommandations qui ont été formulées par ce dernier.

[http://www.asc-csa.gc.ca/fra/sciences/comites-jcsa.asp]

 

Sensibilisation du public

 

L’événement « Tremblant sous les étoiles », qui coïncide avec les Perséides à la mi-août, est l’une des activités annuelles les plus courues parmi toutes celles financées par l’ASC. Cette année, les conditions météorologiques ont été excellentes, et environ 5 900 personnes se sont déplacées pour assister à cette pluie d’étoiles filantes, au sommet du Mont Tremblant, au cours des soirées du 14 et du 15 août. L’observatoire de l’ASC (doté d’un télescope de 16 po installé au siège social de l’ASC) a transmis des images en temps réel aux participants qui se trouvaient au Mont Tremblant. Pendant la journée, plusieurs présentations touchant au thème de l’espace étaient proposées aux visiteurs, et ces derniers ont aussi pu observer le Soleil en toute sécurité.

 

 

Denis Laurin

Denis.laurin@asc-csa.gc.ca

Gestionnaire de sciences, astronomie spatiale, sciences spatiales, ASC