Les télescopes d'Outremer - modèle pour citations et pression sur le temps


* Citations des papiers issus d'observations

Modèle pour les citations

Les grades donnés aux demandes de temps pour les télescopes d'outremer (TCFH, TJCM, TGemN, TGemS) tendent à suivre une Gaussienne, couvrant le domaine permis. Le temps acheté par le Canada limite le nombre de demandes de temps à celles ayant un grade au-dessus d'un 'grade de coupure'; les demandes côtées moins bonnes que ce grade ne sont 'pas-prêtes' = pas de temps d'observation = pas d'article = 0 citation. Pour un télescope optique, la function de distribution des grades est souvent une gaussienne de 1 (Einstein) à 4 (pas-prête), centrée sur le grade moyen (=2.5), avec une largeur typique à mi-hauteur (=1.0). Le 'grade de coupure' est souvent vers un grade de 2.3 pour les télescopes optiques-NIR. Le graphe ci-après utilise un histogramme avec cinq boites.

La ligne hachurée [avec 3 étoiles] montre le nombre de citations prédites pour l'article produit après les observations, basé sur une relation inverse avec le rang, avec la formule empirique:
10-ans de citations =90/rang Chaque demande de temps ayant un grade meilleur que le 'grade de coupure' est transmise aux télescope d'outremer pour être cédulée. Une autre manière de voir le nombre de citations prédites est d'utiliser le rang de la demande. Dans un graphe avec un axe horizontal pour le rang [chaque demande prend un espace égal sur l'axe horizontal], on aperçoit une distribution 'plane' des citations prédites [en ordonnant chaque demande sur l'axe-x]. À l'extrême gauche (rang 1), on voit les demandes 'Einsteiniennes' [pic vers le haut]. À l'extrême droite (rang 94+), les demandes 'pas-prêtes' sous le 'grade de coupure' n'ont aucune citation [voir l'arrêt vertical].

 

Comparaison du Modèle aux articles du TCFH

Cette courbe théorique des citations versus le rang se compare bien en pratique à celle pour les 22 articles basés sur des observations au TCFH et publiés sur une période de 3 ans - comparer cette figure avec celle de la Fig.6 de D.Crabtree & E.Bryson (2001, JRASC, 95, 259). Ainsi cette comparaison confirme que le comité d'allocation de temps pour le TCFH a bien fonctionné, (1) en éliminant les demandes non-prêtes, et (2) en promouvant/récompensant les rares demandes 'Einsteinniennes'. De plus, on notera que (3) la forme 'plane' sur presque toute la courbe est une construction mathématique (espacement égal de chaque demande sur l'axe horizontal). Des interprétations alternatives du graphe citation-rang pour le TCFH par Crabtree & Bryson (2001, p.265) évoquent la possibilité d'une "faible corrélation inverse" (si on exclut les demandes rejetées, à droite, avec 0 citation), ou le problème que "les demandes de moins grand rang ont une plus d'écart dans le nombre de citations" (toutes ces demandes ont un bon grade quoique rangées juste au-dessus du 'grade de coupure' à droite). Il se peut qu'une demande normale près du 'grade de coupure' donne lieu à une découverte Einsteinienne inattendue au télescope (dans le même champ de vision), et donc à des tas de citations inattendues!

* La pression sur le temps aux télescopes

Télescopes individuels

Voici les taux de souscription pour chaque télescope depuis 2 ans:
semestre: 2001B, 2002A, 2002B, 2003A
TJCM : 2.84, 3.29, 2.82, 2.58 moyenne=2.9
Gem N: 2.11, 3.87, 1.27, 3.49 moyenne=2.7
TCFH : 2.25, 2.03, 1.99, 2.34 moyenne=2.2
Gem S: 1.01, 1.88, 1.85, 0.31 moyenne=1.3

Ce graphe montre une stabilité du taux de sursouscription au TCFH et au TJCM, mais une courbe en montagnes russes pour GemN et GemS. Pour le temps au TCFH, l'arrivée au semestre 2003A du Relevé pour la Succession [Legacy Survey = LS] fut tenue compte ainsi: les 113 nuits canadiennes requises par les demandes régulières [reg] au CATC plus les 24 nuits canadiennes requises pour le LS donnent
R =total [reg+LS] des nuits requises;
de façon similaire, les 35 nuits canadiennes disponibles pour les demandes régulièes plus les 24 nuits canadiennes disponibles pour LS donnent
A =total [reg+LS] de nuits disponibles.

Télescope optique unique combiné

Un 'télescope optique-NIR unique combiné' [défini ci-après] a une souscription R/A, avec
R = somme de toutes les nuits demandées sur les 3 télescopes optiques-NIR,
A = somme de toutes les nuits disponibles sur les 3 télescopes optiques-NIR.
Donc pour le Canada
R=[TCFH sursous.x42.5xY +GN sursous.x14.2xY + GS sursous.x14.2xY]
A = [TCFH 42.5xY + GN 14.2xY + GS 14.2xY]
et Y = 180 jours dans un semestre (notez que Y se cancelle). Depuis 2000, le 'télescope optique-NIR unique combiné' [=O] a un taux de souscription canadien près de 2. Récemment, on a eu:
semestre : 2001B, 2002A, 2002B, 2003A
opt-combiné: 1.97, 2.37, 1.82, 2.16 moyenne=2.1


L'arrivée de Gémini Nord en août 2000 et celle de Gémini Sud en août 2001
ont accru le total de nuits disponibles aux canadiens, comme on peut le voir statistiquement par la décroissance du taux de sursouscription (ci-haut). Ceci pourrait être dû en pratique au fait que le nombre d'astronomes canadiens est resté assez stable, et de même pour le nombre total de nuits demandées aux télescopes optiques (en première approx.).


Dr. Jacques P. Vallée  est le Scientifique chargé des demandes de temps par l'IHA du CNRC pour les télescopes d'outremer. La recherche scientifique de Jacques, depuis 30 ans, touche à l'observation et à l'analyse des champs magnétiques dans maints objets astrophysiques.